‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 296 sur 316 · AVIS DE JÂIME FERRER SUR LA DÉCOUVERTE · texte numérisé non relu

AVIS DE JÂIME FERRER SUR LA DÉCOUVERTE

portaient les communications et les enseignements de cette époque, et approfondi Thistoire de l’humanité. En vérité, le lapidaire de Burgos était par anticipation de l’école de Bossuet, de J. de Maistre, de Ventura de Baulica. Les pages qui nous restent de lui ne seraient désavouées d’aucun de ces noms illustres. Une élévation d’esprit proportionnée à une telle variété de savoir ne pouvait passer inaperçue. L’épiscopat d’Espagne estimait fort ce lapidaire que le Grand Chancelier de Castille honorait de son amitié, et en qui tous les cosmographes reconnaissaient un maître. Les connaissances techniques de Jaime Ferrer lui permettaient d’apprécier, mieux que tout autre la sublimité de Colomb, et de reconnaître sa destination providentielle. Sachant l’imperfection de la nautique, l’incertitude de la géographie, l’impuissance du compas pour une telle œuvre, il sentait combien les ressources de la science l’avaient peu servi dans son entreprise. 11 appelait hautement la Découverte : une chose plutôt divine qu’humaine. « Mas divina que humana peregrinacion. » Néanmoins la réserve de sa modestie l’aurait, peut-être, toujours empêché d’entrer en rapport personnel avec le vice roi des Indes, si l’ingénieuse Isabelle ne lui en eût gracieusement donné l’ordre, sous l’apparence d’un désir. Ayant reconnu la parenté de ces deux intelligences, elle se plut à leur servir de lien.

On se rappelle qu’à l’époque des réclamations du Portugal contre la Ligne de Démarcation papale, le Grand Cardinal d’Espagne avait pressé son ami le lapidaire, Jaime Ferrer, d’arriver à Barcelone avec ses cartes et instruments de mathématiques. Plus d’un an après, malgré le traité de Tordésiilas, la contestation n’étant pas terminée, le lapidaire écrivit, le 27 janvier 1495, à la Beine pour lui communiquer son avis relativement aux moyens geo-

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