J AIME FERRER MÉCONNU PAR LES HISTORIENS
déclaré, comme une conséquence naturelle de cette entreprise, la jonction de l’Orient avec l’Occident, et la diffusion de l’Évangile sur tout le Globe. Il est également le premier qui ait reconnu la mission confiée au Messager du Salut, d’accomplir les Prophéties concernant les nations lointaines.
N’oublions pas surtout que ce pénétrant esprit , alors que, depuis son triomphe à Barcelone, Colomb n’avait encore rencontré que des honneurs et des hommages, lui promettait déjà, sous le voile de l’allusion, de cruelles épreuves ; et lui annonçait qu’il aurait à traîner sa croix à la suite de notre Rédempteur dans l’épineux sentier des souffrances.
Pour la justice historique, aussi bien que pour l’exactitude de la biographie que nous osons esquisser, nous avons cru devoir exhumer d’un oubli séculaire, afin de le présenter à nos lecteurs, ce docte lapidaire qu’avaient méconnu et passé sous silence les écrivains d’une certaine école. Nous trouvons en lui un témoin à décharge pour Colomb contre les accusations rétrospectives de ses ennemis. D’ailleurs, personne parmi ses contemporains ne jugea mieux que lui le Révélateur du Globe et ses influences postérieures. On le peut dire sans hésiter : le Père Juan Perez de Marchena avant , la Reine Isabelle pendant, et Jaime Ferrer après la Découverte, furent les trois intelligences auxquelles il fut donné de comprendre le plus profondément le génie, la vertu et le mandat céleste de Christophe Colomb.
D’après ces circonstances, et les sentiments si hautement avoués de Jaime Ferrer pour Colomb, malgré le silence des historiens, on ne saurait douter que, durant son séjour obligé à Burgos, l’Amiral de l’Océan n’ait eu de consolants rapports avec ce lapidaire, qui se trouvait
LE PILOTE NINO ET SON CHARGEMENT d’OR. 571
à son insu son ami, avant de se déclarer publiquement son admirateur.