DISPOSITIONS CATHOLIQUES DU MAJORAT
sommes, afin d’aller avec les Rois faire la conquête de Jérusalem- et à leur refus d’y aller seul , accompagné de toutes les forces qu’il pourra réunir ^ Il recommande, afin d’accroître le trésor destiné à ces dépenses, de placer les économies annuelles sur la banque de Saint-Georges à Gênes. Il espère que Leurs Altesses, voyant tenter cette entreprise, voudront l’aider à l’accomplir.
Après avoir affranchi du joug ottoman les Lieux Saints, Colomb s’occupe d’assurer l’indépendance temporelle du Saint-Siège contre toutes les éventualités de l’avenir. Comme s’il pressentait le Protestantisme qui bientôt allait émerger de l’ombre d’un cloître allemand, il songe à garantir le Souverain Pontife contre ses attaques, et même la dépossession. L’expression ne laisse aucun doute sur la pensée du serviteur de Dieu.
(( Item, j’ordonne audit don Diego, ou à celui qui pos- (( sédera ledit Majorât, dans le cas ou à cause de nos pé- (c chés il naîtrait un schisme dans l’Église de Dieu, et que (( par violence quelque personne de quelque rang et na- <( tion que ce soit entreprendrait de la dépouiller de ses « privilèges et de ses biens, qu’aussitôt, sous peine d’ex- <( hérédation, il se transporte aux pieds du Saint-Père, (( (sauf le cas où celui-ci serait devenu hérétique; ce que (( Dieu ne permettra pas), et que sa personne et les siens (( se mettent à l’œuvre pour le servir de toutes ses forces, (( c’est-à-dire, avec ses armes, ses revenus, la rente et le
(( fond, afin d’étouffer ce schisme, et empêcher que l’Eglise (( ne soit dépouillée de ses honneurs et de ses posses- (( sions »
1 « Para ir con el Rey nuestro senor, se fuere à Jérusalem â le conquistar, 6 ir solo con el mar podar que tuviere. » — Institücion del MAYORAZGO. — Coleccioïi diplomàtica^ docum cxxvi.
* « Que si en la Iglesia de Dios, por nuestros pecados naciere alguno
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A bien considérer cette sollicitude pour l’existence temporelle du Saint-Siege, on dirait (jue le Révélateur du Globe avait entrevu l’heresie qui devait sortir du couvent des Augustins de Wittemberg, et le terrible ébranlement par lequel allaient se détacher de l’unité spirituelle la plupaitdes États d’Allemagne : le Brandebourg, la Saxe, le Mecklembourg, la Poméranie, le Wurtemberg, la majeure partie de la Suisse, la Prusse, le Danemark, la Norvège, la Suède, l’Angleterre, l’Écosse, etc. Cette immense défection pouvait faire craindre que le schisme ne s’établît à Rome, où en effet il essaya de s’introduire. Dans une telle occurrence, le Majorât eût ete d’un puissant secours,* car il devait s elever annuellement a plus de vingt-cinq millions de maravédis.
L Amiral veut encore que son héritier construise dans la magnifique plaine royale, la Vega-Real d’ilispaniola, une eghse en l’honneur de l’IMMACULÉE CONCEPTION de la Vierge, sous le vocable deSAiNTE Marie de la Conception. Qu il érigé un hôpital des mieux organisés; il lui ordonne de fonder aussi dans la même île une faculté de théologie, composée de quatre chaires spécialement destinées à fin-
stiuction de ceux qui se dévoueront à la conversion des Indiens. Avec obligation a son heritier, quand les revenus du Majoiat se seront accrus, d’augmenter le nombre des chaires et les subventions aux ouvriers évangéliques des
« cisma, 6 que por tirania alguna persona de cualquier grade é estado « que sea o fuere, le quisiere deposeer de su honra é bleues, que, so « la pena sobredicha, se ponga a les pies del Santé Padre, salve si « fuese heréüce (le que Dies ne querra) la persena é persenas se deter- « minen é pengan per ebra de la servir cen teda su fuerza é renia é * hacienda, y en querer librar el diche cisma, é defender que ne sea « despejada la iglesia de su henra y bienes. — Institucion del mayouAZGo, — Coleccion diplomdticci, Docum. n'^ cxxvj.