‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 35 sur 316 · INFLUENCE DES MAURES DE CRENADE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES MAURES DE CRENADE

Tneut à cette courtoisie, par d’autres invitations. Certaines dénominations arabes passaient dans la langue espagnole-, et les chrétiens empruntaient certaines formes d’ajustement, de harnais ou d’armure aux Maures fashionahles de Velez et de Grenade, cherchaient à imiter leurs ornements et leurs dessins de broderies. Même dans les enluminures des ouvrages de piété se trouvaient des réminiscences arabes. Les devises des chevaliers castillans étaient connues des Maures-, et de leur côté, les meilleurs gentilshommes savaient les noms des principaux guerriers arabes, l.es Maures simulaient aussi une sorte de chevalerie. Les anecdotes du Généralifle, les verbiages des odalisques de l’Alhambrah se répétaient sur les balcons de Séville et dans les boudoirs de CordoueL On commentait les querelles du harem d’Abul-Hassan, les jalousies sanguinaires de la favorite Zoraya et le grand caractère de la sultane Aïxa, surnommée la chaste, la horra. Les coutumes des Maures gagnaient insensiblement les Espagnols, à ce point que don Alphonse de Aguilar ayant refusé le cartel du comte de Cabra, ses pairs lui appliquèrent le Code du duel édicté par un roi maure ^ et son effigie, attachée à la queue d’une cavale, fut traînée au milieu des infidèles, suivant les lois de leur chevalerie.

Le père et le frère d’Isabelle avaient eu à leur solde des mahométans. Fréquemment des chrétiennes se trouvaient au service des Maures, et des chrétiens cohabitaient avec des Moresques. Les merveilleux d’entre les iVrahes, les lions du turban osaient se mêler aux Castillanes dans les promenades, les carrousels, les combats de taureaux; et venir épier à leur sortie des églises les gentilles senoritas.

^ « Y ociipaba los aninios de la primera nobleza. » — Conde, \lïs~ toria de la dominacion de los Arabes en Espana, Cuarta parte, cap,

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