‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 38 sur 316 · CONDUITE PRIVÉE D’ISABELLE · texte numérisé non relu

CONDUITE PRIVÉE D’ISABELLE

fonçant clans l’antiquité profane et l’étude des livres saints, elle avouait avec une certaine complaisance, que l’époux de son choix n avait jamais mis de chemise qu’elle ne 1 eût confectionnée de ses propres mains h Une pudique délicatesse l’empêchait de céder à nulle autre les soins de la personne de son volage époux.

On peut dire que la qualité dominante d’Isahelle, son instinct propre, était une sainte pudeur. Son âme restait virginale sous les charges de son ineffable maternité. Ses susceptibilités excessives avaient interdit à ses Dames d atours 1 entree de son cabinet de toilette, pendant qu’elle s habillait. Aucune d’elles n’était admise même à ses bains de pied. Les plus graves exigences de la maladie ne surprirent aucune concession à la vigilance de sa chasteté. Telle était la puissance de volonté d’Isabelle, que pour épargner à sa pudeur certains embarras, elle parut surmonter la nature 5 et si elle ne put éluder la condition mortelle , en accouchant sans douleur , du moins elle enfanta sans jeter ces hauts cris par lesquels semble se soulager la souffrance 5 et réprima stoïquement les gémissements de la chair

Avec une pareille supériorité de caractère, une infaillibilité de conduite si admirée, Isabelle avaît fait de sa cour une véritable école d’honneur où la naissance, la poésie, la gloire se trouvaient rehaussées de l’involontaire respect qu’impose la vertu, de l'enthousiasme qu’inspire la modestie

* « Preciabase de no haverse puesto marido camisa que elle no hul)iese hilado y cosido. w — Florez, Reynas Catôlicas, tomo II, p. 832.

* « Ipsa quoque corporis dolores animosissime pertulit semper, non solum adversæ valetudidis sed etiam partus. In quibus nec questa quidem fuit unquani sed admirabili fortitudine, ut ab ejus matronis cubiculariis accepi, dolorem vocemque supprimebat. » — Lucius Marineus Siculus, de Reùtis tiispaniæ mchior.,\lh. XXL

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