LE MONASTÈRE DE LA RABIDA
et servait de point de reconnaissance aux caboteurs. La
haute forêt de pins qui entourait le couvent, du côté de
a erre ne permettait de découvrir cette retraite que du cote de la mer.
D’ailleurs la nudité des murs, l’absence de statues, de tab eaux, ^e fresques, de lampes d’or et d’argent répondait a la simplicité du cloître et à la pauvreté architecturale de 1 ensemble. Ce monastère paraissait ne pouvoir con emr que douze cellules, non compris le logement du Prieur et la bibliothèque. Le réfectoire et la cuisine occupaient un petit bâtiment oblong, ajouté à la gauche du grand corps de logis. Un mur épais, peut-être ancien rempart contre les Maures d’Espagne et les maraudeurs du 1 ortugal dont le voisinage facilitait les entreprises, enfermait comme dans un triangle, la colline escarpée qui sert ce piédestal au monastère. Cette colline abrupte est naturellement aride. A ses pieds croissaient de magnifiques aloes et de vigoureux palmiers. En remontant, des murs en pierre sèche, soutenaient par étage le terrain où rampaient des capriere et des ceps de vignes, çà et Là parsemés e iguiers. Le jardin arrosé au moyen d’une machine hydraulique alimentée par le Rio Tinto, obtenait un peu ombre, grâce à la treille assez fournie, et à quelques citronmers qui formaient le promenoir d’été. Mais aucune sculpture, aucun tertre artificiel, aucun embellissement horticole n’y déguisait la pauvreté des disciples de saint François. Même la citerne qui aurait pu servir d’ornement rustique, était dans un coin des bâtiments accessoires. Il n y avait là de grand que la solitude, le calme de la nature, le recueillement de l’âme et la vue de l’Océan sans bornes.
Les souvenirs de Christophe Colomb consacrés par l’amitie du Pere Juan Ferez de Marcbena étaient restés dé-