‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 48 sur 316 · LE MONASTÈRE DE LA RADIDA · texte numérisé non relu

LE MONASTÈRE DE LA RADIDA

posés dans les modestes archives de ce petit monastère. Cependant à mesure que les habitants de Palos se sont transportés à Moguer, et que Palos est devenu une ruine déserte, les religieux se sont trouvé dans cette retraite, sans utilité pour la population trop éloignée-, sans hualité pour les moyens de subsistance. Leur nombre a diminué graduellement-, déjà à l’époque de rocciq)ation française, on n’en comptait pas plus de quatre ou cinq. La bibliothèque du couvent fut saccagée, dit-on, et les archives mises en pièces. En 1825, il s’y trouvait encore (piatre religieux. Mais le délabrement des constructions, laissées sans réparation depuis longues années, le dépérissement du jardin disaient assez l’oubli où languissait ce moutier rural. Pourtant la clôture était respectée et, au moins, la dégradation des bâtiments n’était pas hâtée par la main de l’homme.

La révolution religieuse de 1834, en Espagne, en sup-

primant les couvents porta un dernier coup au monastère de la Rabida. On l’évacua et l’abandonna entièrement. Il paraît pourtant que par respect pour les souvenirs on le conserva sur le papier, où il fut classé et numéroté comme propriété nationale. Mais sans doute au rebours de ce principe : que ce qui est à tous n’appartient à personne et qu’on n’y peut toucher, les habitants riverains ont pensé que ce qui est à la nation appartient à chacun, et depuis vingt ans, quand l’occasion s’en présente, ils dévastent en détail le monastère, au fur et à mesure de leurs besoins Dans cet abandon, le jardin, resté inculte, a disparu. Avec les ans, sous les pluies et les coups de vent d’ouest, les murs en pierre sèche se sont peu à peu écroulés. La terre végétale a été entraînée dans le fleuve. Seul un palmier a bravé les ravages du temps. Près des ruines de la machine hydraulique, parmi les aloès épineux, il

Page 1