LE SIÈGE DE BAZA
d’argent, se fit munitionnaire général de l’armée-, personne n’en ayant voulu soumissionner la fourniture , tant à cause de l’état des routes cpie du danger des embuscades maures. Elle enrégimenta six mille pionniers pour réparer les chemins défoncés, construire des ponts, traîner la grosse artillerie -, •loua quatorze mille mulets, et organisa, sous la protection des escortes, un service régulier de transport, qui ramena l’abondance et l’espoir au milieu des tentes. Afin de stimuler l’ardeur chrétienne , elle envoya au campdeuxFranciscains venus de laTerre sainte, chargés d’un message menaçant du Soudan d Égypte.
Nonobstant les touchants récits de ces religieux, le siège traînait en longueur. Il y avait de l’hésitation dans l attaque, de l’incohérence dans les ordres. On manquait d ensemble et de vigueur. Isabelle le comprit, et arriva au camp. Elle prit, sans le dire, le commandement de l’armée. La présence 'de ce grand général changea la face des choses. Une réforme soudaine s’opéra dans les habitudes, des assiégeants. Dès lors plus de querelles personnelles, de tiraillements, de contlit dans les ordres. On multiplia, les cheminements, on avança les parallèles-, la garde des tranchées fut vigilante, l’attaque régulière et continue.. Ni nuit ni jour, il ne se passa plus une heure sans que l’artillerie ne battît les murs de la place et ne gênât les travaux de réparation. Si bien que, découragés par cette activité encore inconnue dans les sièges, les Maures, sentant l’inutilité d’une plus longue résistance, demandèrent
a capitulei . • i i •
Ce succès , uniquement dû à la tactique de la Heine
frappa d’admiralion tous les hommes de guerre. En rapportant cette influence d’Isabelle , merveilleuse jusqu’; sembler une poétique exagération, le brave Hernando de. Pulgar, qui avait payé de sa personne durant ce siege, di: