COLOMB DEMANDE LE RAPPORT DE LA JUNTE
qu il en parle comme témoin oculaire ^ il atteste Dieu de sa véracité, et fait appel au souvenir de ses compagnons d’aimes
La reddition de Baza, en semant reffroi dans tout l’islamisme, comblait d’allégresse l’Espagne chrétienne. Séville prépara une réception magnilique aux deux rois, qui firent triomphalement leur entrée dans ses murs. Colomb vit les fêtes succéder aux fêtes, et des réjouissances, mortelles pour lui, eloigner encore la reprise des conférences qu’il attendait depuis plus de deux ans.
A peine les souverains étaient-ils remis de la fatigue de ces longues réjouissances, qu’une négociation de mariage pour leur fille aînée, l’infante Isabelle, avec l’infant don Alonzo. héritier présomptif de h couronne de Portugal, absorba leur attention.
De nouvelles fêtes précédèrent l’union des deux infants, pi eut lieu en avril 1491. Des splendeurs nouvelles accompagnèrent et suivirent cette cérémonie. Le cours des alaisirs et des solennités semblait interminable. Les banjuets, les carrousels, les danses costumées, les marches locturnes à l’éclat des illuminations, étourdissaient la de et repoussaient 1 intempestive gravité des discussions ;cientifiques. De quelle patience dût être muni Christophe Colomb !
Il fut impossible, avant le retour de l’biver, de reparer du projet discuté à Salamanque. Cependant le rapport [ue la Junte devait remettre aux rois n’était point enore rédigé. Colomb, sachant bien que la Reine ne pren-
^ « Y porque fuimos présentes y lo vimos, testificamos verdad ante 'ios que lo sabe, y deiante de los hombrcs que lo vieron, que despues cl dia que esta reyna entré en el real, parecio que, etc. » — Merando del Pulgar, Chronka de los Reyes Çatôlkos, parte tercera, capit.