‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 67 sur 316 · COLOMB QUITTE LA COUR · texte numérisé non relu

COLOMB QUITTE LA COUR

sière de ses pieds, il s’éloigna de cette cour où sa patience avait compté tant de douleurs diverses^ bien décidé à se rendre immédiatement en France, afin d’y traiter avec le Roi, auquel il venait d’adresser sa proposition.

Déjà à son départ de Lisbonne, prévoyant le cas où l’Espagne rejetterait ses offres, pour économiser le temps, Colomb avait envoyé son frère, le pilote Barthélemy, proposer en son nom l’entreprise au roi d’Angleterre. Depuis lors il était sans nouvelles de son voyage. Mais il avait résolu de ne pousser la négociation, qu’il croyait déjà enUimée à Londres, qu'au refus formel du Royaume trèschrétien.

Avant de quitter l’Espagne pour toujours peut-être, il voulait conduire à Cordoue, chez sa femme doua Béatrix Enriquez, le jeune Diégo, le fils de sa première union, reste au monastère de la Rabida entre les mains du digne Juan Ferez de Marchena, qui faisait charitablement son éducation.

R arriva donc au couvent de la Rabida.

§ IV

Üne inexprimable tristesse serra le cœur du Père Gardien quand il vit revenir frapper à la porte du monastère son ancien hôte, son ami, portant empreinte sur toute sa personne la trace des fatigues, de la patience vaincue, et du dénùment durant cette absence de près de six années. Lorsqu’il sut que ce grand homme, las de lutter contre le dédain des savants et les temporisations de la cour, allait décidément quitter l’Espagne , et doter de ses idées une autre nation, son patriotisme s’émut autant que son amitié. R trembla pour son pays^ il craignit de le voir irrémissiblement privé de la gloire et de la prospérité que

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