‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 68 sur 316 · RETOUR DE COLOMB A LA RABIDA · texte numérisé non relu

RETOUR DE COLOMB A LA RABIDA

lui acquerrait une telle entreprise. Il supplia Colomb de suspendre son départ et de se reposer quelque temps auprès de lui.

Juan Ferez demandait à son ami, à son disciple en saint François-, il ne pouvait être refusé. D’ailleurs cette paix du cloître était salutaire à Colomb -, il avait besoin de recueillir son esprit, de se délasser en Dieu des fatigues du inonde^ d’y rajeunir ses espérances, de s’affermir pms profondément dans sa vocation exceptionnelle; de puiser à cette source mystérieuse de nouvelles forces contre les dédains et les luttes qui, peut-être, l’attendaient encore autre part.

Jusqu’alors le Père gardien de la Rabida avait accepté par sympathie spontanée et conviction préexistante le projet de Colomb. Il l’avait jugé intuitivement et y avait cru tout seul, sans influence étrangère. Pourtant en considérant qu’à deux reprises la Junte des cosmographes avait repoussé les idées de son hôte, sa modestie lui fit penser qufil s’était peut-être trompé; qu’il avait pris ses désirs pour des raisonnements , et ses raisonnements pour la vérité même; mais que la science, dégagée d’illusions et d’entraînement, démentait ses chères espérances. Afin de se fixer sur ces doutes, il voulut contrôler, par un autre avis que le sien, le système de Colomb et envoya aussitôt chercher à Palos le médecin Garcia Hernandez, mathématicien fort versé dans la cosmographie. Tous trois conférèrent sur ce plan, objet de tant de débats. L’opinion de Garcia Hernandez se trouva absolument conforme à celle du docte Franciscain. Le projet parut fondé, et son exécution praticable L

* C’est à tort que les historiens modernes, entre autres Washington Irving, fort légèrement répété par ses copistes, ont écrit que le marin de Palos, Martin Alonzo Pinzon, fut appelé au couvent pour celte discus-

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