PRETENTIONS DE COLOMB DISCUTÉES
Ni sa pauvreto, ni les six ans passés à la cour d’Espagne en infructueuses démarches, ni le cours du temps <|iii menaçait de livrer à la mort son projet, ne purent
ebranler. Plus de dix-huit ans s’étaient consumés pour lui en tentatives diverses, et pourtant il préférait recommencer de nouveau ces dillîcultueuses négociations auprès d’un autre État, plutôt que de déroger à ce qu’il pensait être de la dignité de ses droits.
Les amis de Colomh tâchèrent de le retenir. Il paraît qu’en ces critiques circonstances, sur les instances de son idcle ami Juan Ferez, et par l’entremise d’Alonzo de ^,.uintanilla, il lut de nouveau en rapport avec le grand ^ardinal d Espagne. Dans sa hante idee de Colomb, ce Prince de l’Église ne trouvait point démesurées ' les conditions posées pour prix de tels services, et dent se révoltait 1 orgueil des courtisans. Mais des considérations de porte- Emille, tout à fait étrangères à ce projet, l’empêchaient d’intervenir personnellement; il ne lui put donner que. le patronage de son opinion.
Cependant, en dehors de la commission, l’énormité de ses prétentions in-éocciipait les conseillers des rois. Comme on objectait railleusement cà Colomb que son habileté était rare; car il se faisait une telle position, que, sans risquer de son côté aucune dépense, quoiqu’il advînt, il aurait toujours eu l’honneur d’un commandement, il offrit de contribuer aux frais pour un huitième. Cette ollie si généreuse, faite dans un mouvement d’indignation, fut avidement recueillie pour le soumettre à l’exécuter par la suite. Nonobstant ce sacrifice, on ne lui
« Kl invariiible en las ideas de esplendor y engradeciiniento pedia grandes condicioncs debia de aniniarle el favor del Cardenal D. Pe-
dro Gonzalez de Mendoza, etc. » — Mutioz, Hisfoha del Nuevo Mundo, lit». Il, §29.