COLOMB DÉCOURAGÉ PART POUR LA FRANCE
accorda point ce qu’il demandait. Le Roi montrait déjà de l’éloignement pour ce projet. L’influence que l’archevêque de Grenade exerçait sur la Reine avait paralysé la volonté d’Isabelle. Il lui sembla qu’effectivement la (juasi royauté demandée par Colomb serait un prix trop onéreux, quelles que fussent les découvertes.
La conférence était déjà rompue-, la négociation fut abandonnée. N’obtenant point et ne cédant pas, inflexible dans sa résolution de ne rien diminuer de ses droits, Colomb jeta les yeux vers la France, dont le Roi venait de lu» répondre. On était à la lin de janvier, il ne voulut pas perdre un jour de plus en pourparlers inutiles avec les Espagnols, sa détermination étant immuable. Il fit tristement ses adieux à ses rares amis, et enfourcbant son mulet, le poussa sur la route de Cordoue, où, le réclamaient quelques dispositions de famille avant d’abandonner pour jamais peut-être l’Espagne , maintenant devenue à son cœur comme une seconde patrie.
s II-
Autour d’Isabelle, cet astre des destins nouveaux de l’Espagne, gravitaient quebjues esprits d’élite qui reflétaient les clartés de son inspiration. Amoureux de la vérité, observateurs de la justice, souhaitant la gloire de Dieu, passionnés pour la grandeur de leur souvei'aine et de la nation espagnole, le départ de Colomb leur parut une perte immense, irréparable, qui préparait peut-être une honte et un regret éternel à leur pays. L’un de ces hommes, Luiz de Santangel, receveur des droits ecclésiastiques dans TAragon, obtint d’urgence une audience de la Reine. Alarmé sur la gloire de la souveraine adorée, emporté par son zèle, il lui exprima amèrement, d’un