‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 76 sur 316 · REPRÉSENTATIONS DE LUIZ DE SANTANGEL · texte numérisé non relu

REPRÉSENTATIONS DE LUIZ DE SANTANGEL

ton de reproche et de plainte, sa surprise de ce qu’elle eût faibli dans une occasion si facile, elle dont le courage s’était toujours montré invaincu. Il lui représenta combien cette entreprise méritait sa protection, puisqu’elle pouvait avoir de si grands résultats pour la gloire de Jésus-Christ, le triomphe de l’Église et la prospérité de ses royaumes. Il la fit songer au déplaisir qu’elle éprouverait, si quelque autre souverain exécutait ce projet, comme cela était probable. Il lui rappela que la personne même de Colomb, sa pureté, sa foi, sa science, sa supériorité sur les cosmographes qui le condamnaient, méritaient créance ^ d’autant plus qu’il ne demandait rien avant d’avoir donné lui-même ; sa récompense serait attribuée sur ses découvertes -, d’ailleurs il risquait sa vie et le huitième des frais. Et en admettant qu’il ne pût rien découvrir, il ne rejaillirait de cet insuccès aucun blâme sur Leurs Altesses: tout le monde, au contraire, leur saurait gré d’avoir tenté une chose dont la réussite pouvait être si glorieuse. Il insista sur l’obligation morale qu’ont les Rois d’étendre le domaine des sciences, d’acquérir la connaissance des choses lointaines, de pénétrer autant que possible dans les secrets de ce monde.

Loin de s’offenser de la vivacité et des remontrances de

Luiz de Santangel, Isabelle , qui en appréciait les motifs, le remercia de sa franchise. En ce moment survint Alonzo de Quintanilla, dont la vertu assurait le crédit. Son énergie appuya les supplications si désintéressées de Santangel. Durant ce temps, à quelques pas de là, dans la chapelle de la Reine, le Père Juan Ferez, prosterné devant le tabernacle, suppliait le Seigneur, par les mérites de la Passion de son divin Fils, d’éclairer de sa grâce l’esprit si droit d’Isabelle. Sans doute Dieu l’exauça.

Soudain la Reine change d’attitude ^ son regard s’illu-

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