‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 77 sur 316 · RÉSOLUTION DE LA REINE ISABELLE · texte numérisé non relu

RÉSOLUTION DE LA REINE ISABELLE

mine. Un mouvement mystérieux s’opérait dans son îime : Dieu lui ouvrait rentendement. Ses veux se dessillaient; elle comprenait Colomb tout entier ; elle voyait ijiiel homme lui avait envové la Providence. Alors, n’écoutant

plus que la voix intérieure qui parlait à son cœur, elle remercia de leur insistance ces deux lidéles servants de sa gloire; et, avec l’accent d’une résolution immuable, déclara qu’elle acceptait l’entreprise pour son propre compte, comme Heine de Castille. Elle ajouta qu’il serait nécessaire pourtant de la diiïérer quel({ue peu, à cause de l’épuisement du trésor, suite de la guerre; que cependant si ce retard les mécontentait, elle avait là les joyaux de sa chambre, et qu’on prendrait dessus la somme que né-

cessiterait l’armement C

Dans l’elYusion de leur reconnaissance , Alonzo de Quintanilla et Luiz de Santangel inclinèrent leur admiration aux pieds de leur Souveraine, et, suivant l’étiquette royale, lui baisèrent les mains avec un saint respect. Luiz de Santangel assura la Reine qu’elle n’aurait pas à mettre en gage ses pierreries; qu’il se chargeait de faire l’avance de cette somme sur les fonds de l’ Aragon. Il obtint du Roi l’autorisation de faire à la couronne de Castille ce prêt; et plus tard, l’emprunt fut remboursé exactement au trésor de l’ Aragon. Car le Roi, trop prudent, ne voulut personnellement entrer pour aucune part dans cette entreprise, au succès de laquelle il ne croyait pas.

Aussitôt, par ordre de la Reine, un oflicier des gardes fut expédié à toute vitesse pour ramener Colomb. Il parvint à le rattraper à deux lieues de Crenade, vers l’entrée du pont de Pinos, célèbre par les nombreux combats

' « Mas si aun esta dilacion les descontentaba que alU estaban las joyns de sü camara, y sobre ellas se tomnse la cantidad necesaria para el arruainenlo. « — 'Munoz, Uistoria clcl Nuevo Mundo^ lib. II, § 30.

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