LA REINE SIGNE LE TRAITE AVEC COLOMR
S ni.
A son arrivée, Colomb fut reçu de la cour avec des honneurs extraordinaires. La Reine l’accueillit par de telles marques de satisfaction et de bienveillance, qu’il put oublier à l’instant les souHrances passées. Ce moment trace le premier linéament de la mission de Colomb. Désormais la Reine est seule l’âme et le moyen de l’entreprise. Le cauteleux et déliant roi d’Aragon reste étranger à l’expédition. Il donne son nom et sa signature aux actes de la Reine, suivant les conventions établies entre eux. Mais il fut bien entendu que l’entreprise était faite exclusivement par la reine de Castille, à ses propres risques et périls. Aussi de son vivant, les Castillans seuls eurentils le droit de s’établir dans les pays que l’on découvrait L
Ce qu’avait demandé Colomb lui fut accordé, sans en retrancher un iota.
Cependant les formalités nécessaires au passement des écritures entre l’Aragon et la Castille, pour le prêt fait à cette couronne, et les incessantes occupations qu’entraînait la nouvelle organisation de l’ancien royaume de Grenade, ne permirent aux Rois de signer que le 17 avril 1492, dans la ville de Santa-Fé, les articles du traité dressés sous le nom de capitulation par le secrétaire du cabinet, Juan de Coloma
Le 30 avril, on expédia le titre des privilèges de Colomb. Ces lettres patentes portaient qu’il serait grand amiral de l’Océan, avec les mômes prérogatives dont jouissait l’amiral de Castille, vice-roi, gouverneur général de toutes les
^ Oviedo y Valdez, la Uïstorïa natural y general de las Indias, etc., llbr. 111, cap. VII,