LES TROIS FRÈRES PINZON
frères Pinzon, tous trois hommes de mer éprouvés. Juan Ferez de Marchena fit connaître à Colomb Faîné des trois frères, Martin Alonzo Pinzon. C’était un homme de théorie et de pratique, expérimenté aux choses de la marine.
L idée d’un voyage à travers la mer ténébreuse, qui terrifiait tous les marins de l’Andalousie , n’effraya pas ainsi Martin Alonzo Pinzon. Il était depuis peu arrivé de Rome, où déjà plusieurs fois l’avait appelé son commerce. Il en rapportait dans ce dernier voyage quelques idées qui 1 avaient préparé naturellement aux grandes vues de Colomb.
Martin Alonzo Pinzon connaissait particulièrement un des bibliothécaires du pape Innocent VIII, qu’on disait fort versé en géographie. Ce savant lui avait montré une carte mappemonde sur laquelle se trouvait indiquée dans la mer Oceane une terre sans nom, vers l’occident. Ainsi que le Gardien de la Rahida avait eu le pressentiment des terres inconnues , le cosmographe de la bibliothèque papale s était peut-être élevé aux mêmes aperceptions. D’ailleurs, a Rome, 1 idee de Colomb ne pouvait être absolument ignorée. Nous savons qu’à l’époque de sa correspondance avec Toscanelli, celui^i fréquentait la cour pontificale. Ce fut de cette capitale du monde chrétien que le savant , Florentin écrivit sa seconde lettre au navigateur génois '. Il n’est pas croyable que Toscanelli, résidant à Rome, pour étendre ses connaissances cosmographiques, en interrogeant les voyageurs qui y arrivaient des pays lointains, eût tenu secret ce hardi projet de découvrir l’extrême Asie par la route de l’occident.
* Cette lettre, sans date, a été écrite à Rome ; on ne peut en douter, d après ces expressions : « ... e vera informazione di uomini illustri e di gran sapere, che son venuti di detti luoghi in questa corte di Romaf etc.»
LettcTÇ' diPüolo ToscanGllïfisico JlorentiïiQ, * ^ossi, Appendice, n® i,