LE SAINT-SIÈGE S'INTÉRESSE AU PROJET DE COLOMB
Ce projet, qui devait enfanter de si grands résultats pour rÉglise, ne pouvait être indifférent au successeur du Prince des apôtres. Depuis plusieurs années le Saint-Siège était informé des idées de Colomb. Ce dessein intéressait d’autant plus le Saint-Père, qu’il avait été inspiré à l’un de ses compatriotes. Inévitablement, il en avait été question à diverses époques, soit par l’ex-légat Antonio Geraldini, soit par l’ambassadeur espagnol Strada, soit par la correspondance du comte de Tendilla, l’ancien envoyé de Castille-, et surtout par le Nonce apostolique, Barthélemy Scandiano. Les rapports ultérieurs de Christophe Colomb avec le Saint-Siège montrent qu’il avait d’abord dû communiquer sa résolution au chef de l’Église, et appeler sa bénédiction sur le but de ses travaux. Une tradition constante à Rome l’établit. Rome, encore de nos jours, le rappelle*. La famille du Pape Innocent VIII savait l’intérêt que prenait l’illustre Pontife au projet de Colomb ^ c’est pourquoi elle fit inscrire sur son tombeau ^ sa participation intime à la Découverte qu’il n’eût pas la joie de connaître ici-bas.
Nous sommes fondés à n’émettre aucun doute sur cette carte, portant la désignation d’une terre à découvrir. Une telle indication pouvait exister par l’effet de cette mystérieuse initiative des grandes choses qui est le propre de l’Église romaine, ou comme conséquence et témoignage de la communication précédente des idées de Colomb, directement soumise par lui-même au Souverain Pontife.
Le jeune Arias Perez Pinzon, qui accompagnait son père dans ce voyage, assista à ses dissertations cosmographiques avec le bibliothécaire. Il vit ce savant remettre à son père la copie de cette carte, que celui-ci emporta précieusement, peut-être avec l’intention de tenter un jour
^ Bref de Sa Sainteté, donné à Rome le 10 décembre 1851.
^ Bonnanus, Numismata Pontijicum romanorum, 1. 1, fol. 1 1 0 et sequ.