LES TROIS PINZON S’ENGAGENT AVEC COLOMB
donnaient aux idées de Colomb. Évidemment le patronage du clergé semblait servir de caution aux assurances de cet étranger. La défiance à son égard devint moins générale.
Bientôt le bruit courut que l’aîné des trois Pinzon, communément appelé le senor Martin Alonzo , goûtait le projet du Génois. On ajoutait même qu’il se proposait de tenter l’aventure sur la Nina, jolie petite caravelle appartenant à Vincent Variez Pinzon, le plus jeune des trois frères, destiné à compter parmi les grandes célébrités de mer. En effet, les trois Pinzon avait signé une convention avec l’ami du Père Juan Perez. Leur exemple seconda merveilleusement les influences du Gardien de la Rabida. La plupart des marins commencèrent à se rassurer.
Le crédit des Pinzon était grand à Palos. Le senor Martin Alonzo faisait le commerce des agrès et des munitions pour les navires ^ il était le principal fournisseur de la marine dans ce port. Sa fortune, ses connaissances, l’ancienneté de sa famille le plaçaient à la tête des notables de la cité. Dès lors, sans que Juan de Penasola eût à sévir de nouveau, Palos offrit en exécution de sa corvée, comme seconde caravelle, une certaine petite caraque vieillie à la mer, nommée « la Gallega, )> grande comparativement, grosse et lourde, mais très-solide. Quoique impropre au service auquel on la destinait, ni Colomb, ni le frère Juan Perez, son conseil, n’osèrent la refuser, de peur d’allonger ainsi les retards déjà si grands à leur impatience. La petite caraque Gallega fut donc acceptée en qualité de ca- ' ravelle-, et l’on se mit à l’équiper. Colomb la choisit même pour y arborer son pavillon de commandant. Seulement il changea d’abord son nom, pour la rendre chrétienne; la plaçant sous la protection spéciale de la sainte Vierge, il la fit bénir et appeler la Santa- Maria.
Au milieu des préparatifs de l’armement, Christophe