IMPORTANCE DES NAVIRES DE C^OMB
de ce voyage et précisé la nature de ses moyens d’exécution. On s est borné à des conjectures peu mesurées. On a pensé rendre cette expédition plus intéressante, en prétendant qu’elle fut accomplie sur « trois grandes barques, » dont une seule était pontée. La plupart des écrivains nous montrent Colomb pressé de partir, se hasardant sur des embarcations que Robertson compare aux « plus grandes chaloupes ; » que Washington Irving nomme « des barques légères, » que M. de Lamartine appelle « les trois barques, » et queM. Achille Jubinal désigne du nom de « barques côtières ; » chétifs navires qu’eût fait sombrer la première tempête. Croire à une telle imprudence est bien peu connaître la sagesse de l’homme que Dieu suscita pour une-pareille œuvre.
Colomb qui ne livrait rien au hasard, assurément, n’aurait jamais commis cette témérité. Il ne se fût même point mis en mer, s il n’avait obtenu seulement que deux navires. Il en demandait au moins trois* et l’événement vint justifier ses prévisions, en prouvant que s’il n’eût eu avec lui que deux mavires, jamais l’Europe n’aurait connu sa Découverte. Comment se serait-il confié à l’Océan avec « trois barques, » ainsi qu’on s’est plu à le répéter, en croyant rehausser par cette témérité la valeur de son entreprise? Les dangers qu’il allait affronter étaient bien assez terribles, sans y ajouter les torts de l’imprévoyance.
Il nous semble intéressant de restituer scrupuleusement a l histoire, apres une lacune de trois cent soixantecinq ans , quelques details précis sur les dispositions materielles de cette expédition, la plus importante de l’humanité.
Ce qu avait expressément demandé Colomb, c’était trois <( caravelles. )> En effet, pour s’approcher des côtes, de plus grands navires eussent été un péril et un embarras.