LES TROIS CARAVELLES DE COLOMB
Des savants ont longuement disserté sur l’étymologie, grecque selon les uns, arabe suivant les autres, italienne d’après ceux-ci, du mot caravelle^ et soutenu le peu de contenance de ces navires. Nous ne craignons pas d’émettre une opinion absolument contraire à celle qu’on a si généralement adoptée relativement au chétif gabarit des caravelles. Les faits ont une logique plus concluante que les étymologies et les définitions crudités.
Nous disons donc que les caravelles n’étaient pas aussi petites qu’on le suppose. Évidemment leur destination impliquait des dimensions proportionnées à leur emploi. Or, elles remplissaient à la fois l’ofiice de nos bricks et de nos gabarres^ servaient a transporter des troupes, des vivres, de l’artillerie, et à combattre dans la haute mer. Des caravelles furent les seuls navires envoyés par l’infant don Henrique en découverte, dans l’Océan ou sur les côtes de l’Afrique occidentale. Lorsque le roi Joam H descendit à tenter, au préjudice de Colomb, son expédition clandestine, il fit partir une seule caravelle sous le prétexte d’aller ravitailler la colonie du cap Vert. Et dans ce moment même, en apprenant les préparatifs de la Castille, le Portugal, projetant d’empêcher par la violence l’entreprise de Colomh, envoyait contre lui seulement trois caravelles.
Donc les caravelles n’étaient pas d’un si faible tonnage.
Celles qu’on avait armées à Palos pour ce voyage suffisaient rigoureusement a leur objet. Une circonstance de cette navigation même l’établit positivement. Le plus petit des trois navires, la caravelle dont le nom indiquait 1 exiguité, la iVma, en français : <c la petite, » pourvue seulement de voiles latines, comme les bateaux pêcheurs de Marseille, se trouva dans le cours de cette campagne, par