COLOMB SE PRÉPARE DANS LA MÉDITATION
(levait s’achever son éducation, il retourna à sa cellule de la Rabida.
A parh'r de ce moment , il paraît n’avoir plus eu de communication (ju’avec le vénérable Juan Ferez de Marcbena Ni la crainte, ni l’idée du danger ne le préoccupait. Il ne s’embarrassait plus des hommes, mais il ployait sous le faix de son mandat immense. 11 allait découvrir des secrets peut-être formidables, dérobés à la curiosité des bornmes depuis la création du monde. Son temps se passait à consulter Dieu, à l’écouter, à purifier son cœur, pour qu’il méritât d’être le temple du Saint-Esprit. Saconnaissance des saintes Écritures élargissait son intelligence. Il se sentait destiné à une mission plus grande peut-être qu’aucune de celles qu’eût jamais reçues un être mortel. Il allait remplir un apostolat inouï, porter la Croix à travers la MER TÉNÉBREUSE dans des régions ignorées , et mettre les héritiers de la postérité de Sem en relation
avec leurs frères, anciennement perdus, de la famille de Japbet.
Enseveli dans ce paisible monastère où tant de confortations inespérées lui étaient obvenues, sa foi simple et ardente s épanouissait devant Dieu; l’élévation de sa sagesse, l accumulation de sa science n’apportaient aucune gêne aux tendres épanchements de sa piété et à la candeur de sa dévotion. Méditant son livre favori, l’Évangile de saint Jean, il s’élevait comme l’aigle de Pathmos dans les profondeurs du Verbe par qui tout a été fait. Son âme tendrement aimante passait dans l’oraison et la contemplation tous les instants que ne réclamaient pas les offices
« Y despuGs se fué Colom al mesmo monasterio, y estuvo coü el frayle cornrriunicando su viaje y ordenando su aia y "vida y apercibien- (lose primeramente cou Dios. » — Oviedo y Valdez, la Hïstorïa natural y goncral delas Indias, lib. II, cap. v, fol. 6.