‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 96 sur 316 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

Une demi-heure après, le disque du soleil émergeait du sombre rideau de pins de laRabida. Les trois navires, leurs toiles arrondies, sous une fraîche brise d’Est, descendaient rapidement portés vers Torré de Larenilla; et bientôt la sinuosité de FOdiel les dérobait aux yeux de la population pénétrée de tristesse. Mais de la terrasse du couvent les trois nefs, après avoir franchi la barre de Saltes et débouqué à rembouchure du fleuve, furent visibles pendant près de trois heures. Les religieux de Saint-François purent les voir s’évanouir dans le lointain, s'abaisser et disparaître au-dessous de la ligne bleue qui ferme l’horizon .

On ne saurait douter que le Père Juan Ferez de Marchena qui, le premier en Espagne, accueillit Christophe Colomb, lui donna le premier encouragement et le premier appui, ne lui ait, du haut de sa terrasse, accordé le dernier regard et la dernière prière : qu’il n’ait appelé la bénédiction du ciel sur cette entreprise évidemment inspirée d’en Haut, et qui, en preuve de sa sublime filiation, porta le caractère le plus irrécusable du prodigieux et du surnaturel.

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