‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 98 sur 316 · PREMIERS RÉCITS DES VOYAGES DE COLOMB · texte numérisé non relu

PREMIERS RÉCITS DES VOYAGES DE COLOMB

de (( la Chronique des Indes, )> par Gonçalo Fernandez de Oviedo, du manuscrit du curé de Los Palacios, des ((Décades Océaniques, » de Pierre Martyr d’Anghierra , du (( Recueil des voyages, )> de Ramusio, de (( THistoiredu Nouveau Monde, » par Girolamo Benzoni, et en s’appuyant des historiographes royaux des Indes : Antonio de

Herrera et Bautista Munoz, on parvient à reconstituer dans leur ensemble les détails de cet étonnant voyage.

Après trois siècles et demi d’expérience et de navigation, on ne peut encore s’avancer dans l’Atlantique à cent lieues par delà les Açores, sans s’étonner de l’audace de celui qui, le premier, pénétra volontairement jusque sous ces latitudes.

A la distance où nous sommes de ce jour mémorable, comment nous défendre d’admirer encore ce courage supérieur et calme, cette volonté dominatrice qui dut faire face à l’invisible , terrasser l’inconnu , le formidable 5 dompter les préjugés aveugles des pilotes et les irritables terreurs des matelots-, se soumettre toute puissance créée, vaincre les éventualités les plus terribles et les fantômes de l’imagination, non moins dangereux que les sinistres de mer; braver la science de l’époque, affronter les ennemis inconnus : les monstres marins, toute créature possible dans les airs et les eaux, les gouffres, les courants, les trombes, les calmes, la famine, la mort par la soif! Seul un homme, malgré les hommes, osait entreprendre, contre l’immensité, de sonder des espaces redoutables, qu’aucune nef n’avait sillonnés, et d’où nul mortel n’était revenu, si jamais le hasard ou la résolution y portèrent un être humain!

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