‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 99 sur 316 · COLOMB COMMENCE SON JOURNAL · texte numérisé non relu

COLOMB COMMENCE SON JOURNAL

Cette héroïque navigation dont la moindre journée efface réclat mythologique des Argonautes et de toutes les expéditions maritimes de rantiquité, celte tentative calho-

lique sur l’Océan pour promulguer l’Evangile dans le reste de la famille humaine éparse au delà des Ilots, ces doubles prodiges de l’audace et du génie qu’inspirait la foi, dominant les contradictions de la science et les terreurs contemporaines, ces merveilles sans exemple que le lyrisme de l’épopée et la harpe aux accords sublimes sembleraient à peine dignement célébrer, notre humilité trouvera le dur courage de les raconter prosaïquement, clairement et succinctement. Nous suivrons nœud à nœud, au sillage de ses nefs, à ses changements de manœuvre, à ses virements de bord celte navigation étonnante, disant ses jours et ses nuits avec la simplicité d’un livre de loch.

Le Vendredi, 3 août 1492, après avoir commandé au NOM DE Jésus-Christ de déployer les voiles, Christophe Colomb entra dans sa cabine construite sur le château d’arrière, et, prenant la plume, commença son journal de Lord, également au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ (c IN NOMiNE Domini nostri Jesu-Christi, etc. ))

Ce prologue, que nous possédons en entier, expose dès le début, le caractère spécialement chrétien de l’entreprise. Le désir de pénétrer l’espace, le vœu d’évangéliser les peuples supposés dans cet inconnu géographique attestent par leur connexité de but que cette expédition lut, avant tout, un grand acte de foi catholique. On entrevoit quelle sainte association unissait la pensée d’Isabelle aux

espérances du pieux navigateur. Colomb constate d’abord

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