DÉVOTION DE LA FAMILLE ROYALE
Grande avait été, en revanche, la joie de la reine à la nouvelle de la détermination prise par l'archevêque de Paris. « Vous aurez, s'il plaît à Dieu, la fête du Sacré- Cœur, écrivit- elle sans retard au Carmel de Compiègne, son couvent d'adoption. Ce qu'il y a d'assez extraordinaire, c'est que je suis sollicitée de plusieurs endroits en même temps pour la même chose ; il faut que ce soit absolument la volonté de Dieu, qui daigne se servir de moi, malgré mon indignité. » Plusieurs des religieuses filles auxquelles s'adressait cette lettre devaient un jour, dans un même sacrifice, donner leur sang pour la défense et l'honneur de ce Cœur sacré. On connaît le martyre sublime de ces vierges de Compiègne, qui marchèrent à l'échafaud en chantant le cantique composé par l'une d'elles, Françoise de Croissy, dont Marie Leckzinska avait naguère (juillet 17fi4) salué en ces termes la prise de voile : « Le manteau que vous venez de recevoir n'a pas l'éclat de celui de Colbert, votre grand-oncle, mais je suis sûre que vous en donneriez mille comme celui du ministre, en y joignant même son esprit, pour conserver le manteau et l'esprit d'Élie votre père. »
Le dauphin, de son côté, s'était engagé à dresser un autel au Sacré-Cœur dans la chapelle même du château de Versailles. Si la mort le surprit avant qu'il ait pu réaliser ce doux projet, il laissa du moins, par testament, une somme de tf^ente mille livres, destinée à
« cÔDlre cet isolement dans lequel on tenait les catholiques français à l'égard de Rome et de la chrétienté, en leur interdisant la commémoration d'une des plus magnifiques victoires que le nom chrétien, ^us les auspices de Marie et par les efforts du Pontife romain, ait jamais remportées sur le Croissant». {Instit. liturgiq.j t. II, p. 574.)