‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 104 sur 348 · LA MESSE DU SACRÉ-CŒUR · texte numérisé non relu

LA MESSE DU SACRÉ-CŒUR

poursuivre le travail commencé, et Christophe de Beaumont, qui en avait eu également la confidence, ne manqua point de rappeler à Louis XV les dernières volontés de son fils.. Ce n'est toutefois qu'en 1773 qu'eut lieu, par ordre du prince, l'érection du monument exécuté d'après les dessins de Gabriel, son premier architecte. Un riche crucifix d'ivoire, don suprême de la dauphine, qui le tenait en héritage d'Auguste III, son père, compléta la décoration du tabernacle : ce précieux objet d'art ne mesurait pas moins de trois pieds cinq pouces de haut^ Ces démonstrations et autres semblables achevèrent de faire perdre toute mesure à l'organe du parti, lequel s'emporta jusqu'à dire : « Permis à M. de Beaumont de renoncer à V estime publique, en se déclarant zélé défenseur d'une dévotion impie et extravagante. Mais son prédécesseur ne doit pas partager sa honte, et ceux qui portent le nom de M. de Vintimille ont droit de le laver de cette tache^. » C'était déjà, on le voit, de bien gros mots jetés à la face d'un archevêque, coupable, entre autres méfaits, d'avoir introduit la messe du Sacré- Cœur dans le missel publié par un de ses devanciers sur le siège de Paris ; mais il fallait être, au surplus, singulièrement échauffé pour se donner le ridicule de déclarer que les représentants de Vintimille étaient « en droit de se plaindre de l'outrage fait à leur parent ».

Nous ne ferons pas le relevé fastidieux des tracasseries suscitées à ce sujet, pendant plusieurs années encore, par les ennemis d'une dévotion qui ruinait tant d'espérances schismatiques. Mais c'est justice de recon-

ï Cf. Journal encyclopédique du ter avril 1773, p. 184. * Nouvelles de 1777, p. 197.

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