‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 106 sur 348 · ARRET PROHIBITIF DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

ARRET PROHIBITIF DU PARLEMENT

de Saint- André des Arts, font signifier aux principaux membres du clergé de cette église, c^ est-à-dire, aux curé, vicaires, diacre, sous-diacre d'office, sacristain et chantres, un arrêt du Parlement rendu sur les conclusions du procureur général du Roy, qui leur défendait de célébrer, comme ils lavaient fait depuis plusieurs années par innovation et nonobstant l'opposition des susdits marguilliors , la fête du Sacré-Cœur de Jésus, qu'ils s'étaient cru d'autant mieux fondés à regarder comme inutile et surérogatoire, que le chapitre de la Métropole ne l'avait point encore adoptée. Cet arrêt était le résultat d'une requête présentée au Parlement, en vertu d'une délibération prise par la Compagnie dans son assemblée du dimanche précédent, à laquelle le sieur Armand y curé, n'avait point jugé à propos de se trouver pour ne pas s'exposer à quelque désagrément de la part de M. l'archevêque de Paris, quoique intérieurement il ne désapprouvât point la conduite des marguilliers dans cette circonstance. Les marguilliers cordicoles n'avaient pas manqué de s'absenter aussi de l'assemblée.

« On s'attendait bien que le fanatisme allait jeter les hauts cris contre les dispositions de l'arrêt du Parlement, et s'efforcer de faite regarder cet arrêt comme une entreprise attentatoire à l'autorité ecclésiastique, tandis que les personnes sages, ennemies des Bèvotionnettes et de la superstition, sauraient bien à quoi s'en tenir sur cet article. En conséquence de l'arrêt énoncé ci-dessus, la fête en question n'est point célébrée le lendemain dimanche d'après l'octave du Saint- Sacrement, comme on le pratiquait depuis quelque temps dans plusieurs paroisses de Paris, où des curés, amis de la nouveauté, et peut-être jaloux de faire leur

l'église de MONTMARTRE. 151

oour à M. Farchevêque, avaient cru ne pouvoir se dispenser de l'étabKr *. »

Hâtons-nous d'ajouter que cet étrange arrêt sera le dernier rendu par la Cour en matières liturgiques. « Ce qui vint après fut la constitution civile du clergé, élaborée dans les arsenaux de cette Compagnie ^. »

Aujourd'hui la constitution civile est morte, les parlements sont morts. Mais le culte du Sacré-Cœur, plus vivant que jamais, voit monter à sa gloire un temple splendide sur ces hauteurs djB Montmartre où le digne successeur de Beaumont convie la France catholique à l'accomplissement du vœu national. Vœu touchant, tombé pour la première fois des lèvres mourantes d'un martyr qui fut l'héritier de la foi du dauphin son père et de la reine son aïeule.

1 Journal de Hardy ^ 15 juin 1776.

' Institutions liturgiques, t. II, p. 020.

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