CHAPITRE III
«Audaces croissantes de la philosophie. — Vigilance active de Beaumont. —
]ZÔj' I-.e Bélisaire de Marmontel. — Entrevues du philosophe avec l'archevêque.
i — Vlndiculus de la Sorbonne et les scandales du colportage. — Beaumont
publie son mandement portant condamnation de Touvrage de Marmontel. —
Un souvenir anticipé du mois de germinal an V. — L'hypocrisie de
Voltaire et les dédains de Beaumont.
Après les grandes luttes qu'il avait soutenues en des conjonctures mémorables, on pourrait s*étonner peutêtre du calme relatif dont la Cour de justice, depuis l'expulsion des Jésuites , laissait jouir Tarchevêque de Paris, leur défenseur. C'est que la coalition qui avait provoqué le départ de ces religieux se dissolvait dans sa victoire, et que la puissance parlementaire, dégagée de l'élément janséniste, poursuivait Un but plus pratique et mieux défini.
« La question religieuse , a dit un écrivain de nos jours, paraissait vidée, et le catholicisme venait de recevoir un tel coup, qu'il semblait qu'il n'y eût plus qu'à le laisser mourir ^ » Les philosophes, en effet, comme naguère les jansénistes, comptaient maintenant de secrets partisans parmi les magistrats et jusque dans la
^ La Monarchie française au dix-huitième siècle, par le comte de Carné, p. 443.