‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 108 sur 348 · PROGRÈS DU PARTI PHILOSOPHIQUE · texte numérisé non relu

PROGRÈS DU PARTI PHILOSOPHIQUE

police. Le secrétaire de M. de Sartine était un fy^ère que rhomme deFemey, en «intrépide ennemidescagots», veut pousser à l'Académie française pour les obligations que lui doivent € tous les gens de lettres ^ ». La noblesse elle-même, plus sensible au talent qu'attentive à la doctrine , s'honorait de les protéger ; et le pouvoir n'osait qu'à demi sévir contre des hommes auxquels un roi de Prusse écrivait de sa propre main ou qu'une impératrice de Russie comblait de ses libéralités ^.

Mais l'Église veillait. Nous avons vu le haut clergé réuni, associant pour la première fois à la question religieuse la question politique, montrer la société doublement menacée par les audaces de la philosophie, annoncer d'avance une révolution prochaine, et condamner en bloc la plupart des productions récentes du parti. On a dit que « c'était proscrire d'un coup de plume toute la France littéraire et flétrir quantité d'hommes d'un mérite rare ^ ». Christophe de Beaumont, en s'attaquant à Marmontel, héros passager d'une vogue de camaraderie, voulut témoigner que son adhésion aux Actes de l'Assemblée générale n'avait point été platonique *.

Ce coup de vigueur allait d'autant moins surprendre, que l'archevêque de Paris s'était déjà prononcé plusieurs fois, depuis deux ans, au sujet de certaines maximes sur la tolérance que les affaires Galas et La Barre ve-

1 Lettres do Voltaire à d'Alembert et à Duclos, 10 et 24 décembre 1770.

' L'Etprit révolutionnaire avant la Révolution^ par M. Rocquaio, p. 25 1 .

' Mémoires de Baehaumont, 18 septembre 1765.

* Pour récompenser le Corgne de Launay, professeur royal en Sorbonne, de la grande part quMl avait prise à la rédaction de ces Actes, Beaumont le nomma, en 1768, au canonicat de Notre-Dame, laissé vacant par la mort de Tabbé de Tourny.

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