‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 109 sur 348 · VIGILANCE ACTIVE DE BEAUMONT · texte numérisé non relu

VIGILANCE ACTIVE DE BEAUMONT

naient de mettre plus particulièrement à l'ordre du jour. C'est ainsi que, dès les premiers mois de 1765, il avait adressé au duc de Praslin un mémoire contenant ses griefs contre la Gazette littéraire^ rédigée sous les auspices de ce ministre, et dans laquelle il relevait en ce genre les propositions l^s plus malsonnantes ^

Une chose entre autres redoublait la sollicitude du prélat, chez qui le sentiment des convenances n'allait pas jusqu'à les lui faire placer au même niveau que les devoirs : il ne pouvait se dissimuler que tel prédicateur à la mode cherchait un succès factice dans de misérables capitulations sur les points les plus délicats. De là sa résolution d'interdire les chaires de Paris à des prêtres comme Bassinet, grand vicaire de Verdun, et Couturier, chanoine de Saint-Quentin, qui, à deux ans d'intervalle, prêchant le panégyrique de saint Louis dans la chapelle du Louvre, n'avaient pas craint de fronder les croisades, de censurer l'Inquisition et de donner « des leçons de politique » où l'on attendait « des leçons de vertu ».

Beaumont avait horreur de cette éloquence séculière et mondaine, cousue avec des lambeaux de lieux communs fanés, qui permettait à un ministre de Jésus- Christ de supprimer jusqu'au signe de croix. « Point de texte, remarque Bachaumont, aucune citation de l'Écriture, pas im mot du bon Dieu ni de ses saints ^. » Ce qui faisait dire à Voltaire, parlant du malheureux pané-

ï Correspondance littéraire de Grimm, \^f juin 1765.

' Mémoires secrets, 28 août 1767 et 31 août 1769. — Je dois dire que l'abbé Couturier, ayant donné par la suite des satisfactions convenables à l'archevêque, celui-ci révoqua l'interdiction qu'il avait prononcée. (Cf. Journal politique de 1769, 2»e quinz. de décembre, p. 55.)

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