‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 112 sur 348 · ENTREVUE AVEC L ARCHEVÊQUE · texte numérisé non relu

ENTREVUE AVEC L ARCHEVÊQUE

saveur. Flatté de s'entendre donner du Mon cher M, Marmontel, celui-ci parut d'abord touché d'une bienveillance qui s'exprimait à son égard en termes si courtois; mais l'archevêque ayant cru devoir, au cours de la conversation, assaisonner le compliment d'une pincée de correctifs, notre glorieux, dont l'amour-propre s'égratignait facilement, ne voulut plus voir dans les formules obligeantes du premier accueil que « le protocole de Monseigneur en parlant aux petites gens »,

« Je l'assurai de ma bonne foi, poursuit Marmontel, de mon respect pour la religion, du désir que j'avais de ne laisser aucan nuage sur ma doctrine et sur celle de mon livre, et je ne lui demandai pour grâce que d'être admis à m' expliquer devant lui, avec ses docteurs, sur tous les points qui, dans ce livre, leur paraissent répréhensibles. Ce personnage de médiateur, de conciliateur, parut lui plaire. Il me promit d'agir, et, de mon côté, il me dit d'aller voir le syndic de la Faculté, le docteur Riballier, et de m'expliquer avec lui. »

L'échange de correspondance entre le philosophe et le sorbonniste ayant promptement tourné à l'aigre, Beaumont fut assez condescendant que d'inviter Marmontel à sa maison de Gonflans, pour y venir conférer en toute liberté avec d'autres docteurs. Ce prélat ne demandait qu'à trouver satisfaisantes, au point de vue des saines doctrines catholiques, et les rectifications à insérer dans le texte et les explications à fournir dans les notes : il demeura inflexible sur le chapitre spécialement incriminé.

C'était son devoir, plus encore que son droit. « Il faut absolument faire disparaître le quinzième chapitre, avaient conclu les théologiens : là est le venin du livre. »

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