‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 114 sur 348 · CENSURE DE LA SORBONNE · texte numérisé non relu

CENSURE DE LA SORBONNE

condamnation expresse, vint l'y rejoindre poiir lui communiquer l'arrangement conclu. Marmontel sembla souscrire de bon cœur aux propositions de l'archevêque, et les députés se séparèrent pour formuler à loisir les articles du projet concerté.

Le projet ne devait point aboutir. Dans son assemblée du 6 avril, la Sorbonne, ayant jugé ce plan inexécutable, décida qu'il serait abandonné et qu'on procéderait, selon l'usage, à une censure raisonnée et détaillée. Malheureusement YIndiculits qu'elle publia presque aussitôt trahit une précipitation qui prêtait le flanc à des critiques justifiées. L'ironie de Voltaire le cribla de projectiles, et l'épithète de ridiculus parut longtemps inséparable de l'acte malencontreux ^ Plus tard, il est vrai, le grave et lumineux exposé des articles répara en partie la faute commise, mais le mal s'était propagé déjà sous mille formes, et ce fut bientôt sur toute la ligne un feu roulant de brochures plus impies les unes que les autres. D'Alembert, dont Marmontel, au dire de madame du Deffand, était « le protégé et l'âme damnée - », en écrivait à Voltaire sur ce ton de triomphe :

« Il nous pleut ici de Hollande des ouvrages sans nombie conti'e l'infâme ; c'est la Théologie portative, VEsprit du Clergé, les Prêtres démasqués, le Militaire philosopJie, le Tableau de VEsprit humain, etc., etc., etc. Il semble qu'on ait résolu de faire le

1 Les principales victimes de Voltaire, en cette circonstance, furent Riballier, syndic de la Faculté qui avait dénoncé le roman, et Coger, professeur de rUniversité, coupable d'avoir composé un Examen de Bélisaire. Faut-il rappeler que, suivant son invariable tactique, Voltaire dénatura leurs noms pour chercher des rieurs, et qu'il fit de Riballier Ribaudier, de Coger Coge-pecus !

« Lettre à Horace Walpole, 3 février 1707.

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