‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 115 sur 348 · MANDEMENT DE CONDAMNATION · texte numérisé non relu

MANDEMENT DE CONDAMNATION

siège de rinïàtne dans les formes, tant on jette de boulets rouges dans la place ^. »

Voltaire le savait mieux que personne, car telle était la fureur de propagande qu'il soufflait lui-même sur divers points à la fois, que le lieutenant de police devait avouer son impuissance à contenir le débordement de ces « livres infernaux ^ ».

Ce fut alors que l'archevêque de Paris, désespérant de voir Marmontel reconnaître ses torts, publia, le 24 janvier 1768, ce mandement doctrinal, chef-d'œuvre de raison, de force et de sentiment, qu'un critique autorisé jugeait « digne des premiers siècles de l'Église^ ». Lu aux prônes des paroisses et placardé à tous les coins de la capitale, il fut affiché jusque sur les portes de l'Académie française dont Marmontel était membre *. Dans cette instruction d'une rare solidité, les maximes du chapitre xv sont discutées avec force, ses contradictions flagrantes, relevées à propos, ses perfidies secrètes, mises à nu. Avec la netteté de déduction qui lui était propre, Beaumont ramenait toutes les erreurs de l'ouvrage à ces deux chefs principaux : « On peut être sauvé, sans la foi, avec des vertus purement païennes; — en fait de religion, les princes doivent tolérer tout ce qui ne blesse pas la loi naturelle de manière à intéresser la société civile. »

i Lettre du 22 septembre 1767.

* Mémoires de Bachaumont^ 22 mars 1769.

• Année littéraire de 1769, t. I, p. 202.

♦ On attribue à Duclos, secrétaire de rÂcadémie, le fait d'une grossière 16 écrite au bas du mandement placardé sur les portes (Cf. Grimm, t. V, p. 525). — Le suisse se contenta de la balayer avec les! autres ordures.

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