‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 118 sur 348 · UNE EXPIATION · texte numérisé non relu

UNE EXPIATION

cer à la tribune en faveur du libre exe7^cice des cultes^ lorsque son élection fut cassée le 18 fructidor. « Je vote, disait-il en terminant, pour qu'on laisse aux cultes toute la liberté qui leur est accordée par l'acte constitutionnel, sans demander à leurs ministres d'autres garanties de leur fidélité que leur religion, leur conscience et leur Dieu^ »

« Il me semble, a dit Sainte-Beuve, que ce noble commentaire du quinzième chapitre de Bèlisaire est fait pour désarmer à jamais la polémique (si elle était testée de renaître à ce propos) et pour tenir l'ironie en respect*. »

Nous n'avions pas à faire ici de polémique et nous voulons nous garder de toute ironie contre la mémoire d'un homme qui expia, non sans quelque rigueur, sur la fin de ses jours, les écarts d'un autre âge. Mais il nous a paru opportun de rappeler que Marmontel, réduit, pendant la Terreur, à rester caché au fond du hameau d'Abloville, regretta plus d'une fois d'avoir tenté, comme le lui reprochait Beau mont, « d'arracher les bornes sacrées que la main de Dieu même a marquées à la raison humaine ». ir devait mourir assez misérablement, le 31 décembre 1799, au dernier jour de ce dix-huitième siècle dont la philosophie, suivant le mot de l'archevêque, avait fait « la honte et le malheur ^ ».

On a dit du mandement de Beaumont contre Bèlisaire qu'il avait été « une maladresse » et on l^a présenté comme « la première cause » de tout le bruit

i Œuvres complètes de Maruionlel, t. II, p. 463 (édition Vordière).

* Causeries du lundi, t. IV, p. 531.

* Mandement du 24 janvier 1768, portant condamnation do Bèlisaire.

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