‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 12 sur 348 · ARRETS DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

ARRETS DU PARLEMENT

veaux empiétements sur les prérogatives de sa couronne, enjoignit au Parlement de surseoir pendant un an à la question des Jésuites. Mais partie remise n'était point partie gagnée. Pour toute réponse, le 6 du même mois, le Parlement, — secrètement encouragé par le duc de Choiseulf a dit un protestant connu, — refuse d'enregistrer l'édit royal*. Du moins n'arriva-t-il à se résigner qu'en l'accompagnant de réserves qui le rendaient presque illusoire. Le délai d!un an fut réduit à six mois , et des arrêts préalables firent présager la solution.

On ne peut les lire , avoue Theiner , « sans éprouver un dégoût mêlé d'horreur^ ». L'un d'eux recevait le procureur général « appelant comme d'abus des bulles obtenues en faveur de l'institut des Jésuites ^ »; un autre condamnait au feu les ouvrages de vingt-quatre écrivains de la Compagnie , comme Bellarmin et Suarez , Sanchez et Lessius. En résumé, défense était faite aux sujets du roi de fréquenter, après le 1**" avril 1762, les écoles, pensions, séminaires et noviciats des « soi-disant Jésuites », avec interdiction absolue^'entrer dans ladite Société « à titre de probation, noviciat ou autrement ». — Et ce n'était là qu'un prélude !

A cette nouvelle, une douleur inexprimable s'empare de tous les gens de bien. Christophe de Beaumont s'en montra particulièrement affecté. Mirum, écrivait le

1 Sismondi, t. XXIX, p. 231.

* Loc. cit., p. 38.

' Cet arrêt visait notamment la fameuse bulle Regimini miUtantis Ecclesiœ, donnée en octobre 1540 par le pape Paul III, dans laquelle, à la seule inspection du titre, le grave M. de Pressensé a vu que les Jésuites étaient « le régiment de TÉglise militante ». (La liberté religieuse en Europe depuis 1870, p. 11.)

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