‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 123 sur 348 · BEAITMONT LE SIGNALE AUX CENSURES · texte numérisé non relu

BEAITMONT LE SIGNALE AUX CENSURES

nisme, culte officiel, religion d'État, faisant une guerre atroce à la éroyânce plus douce, plus simple et presque rationnelle des Guèbres; ceux-ci, humbles, soumis, excellents citoyens, ne demandant qu'à vivre en paix. ^

Hélas ! pour adorer le Dieu de mes ancêtres,

Il me faut donc mourir par la main de vos prêtres ^ !

L'archevêque de Paris s' étant hâté de signaler cette pièce à la censure, les Guèbres n'eurent pas une seule représentation, soit dans la capitale, soit en province. Vainement, pour se cacher des censeurs, Voltaire donna la pièce comme l'ouvrage posthume, tantôt de Guimard de la Touche, tantôt de Desmahis ; vainement même, « pour mieux dépister la police et se donner des éloges plus à l'aise, il eut la bizarre idée de se dédier son œuvre, comme il s'était fait adresser ses Lettres sur la nouvelle Héloïse^ ». Rien n'y iSt.

« Criez bien fort pour les bons Guèbres , écrivait-il à la marquise du Deffand ; criez, faites crier, dites combien il serait ridicule de ne point jouer une pièce si honnête, tandis qu'on représente tous les jours le Tartuffe ^. » — « Il faut qu'on les joue, mande-t-il d'autre part à un affîdé ; cela est important pour la bonne cause...; je tiens que ces Guèbres feraient une révolution *. » Peine perdue. Les amis se réservent, les puissants, comme Ghoiseul et le maréchal de Schomberg, font la sourde oreille; et celui-là même qui, d'après

i Acle I"', scène v.

' Voltaire, sa vie et ses œuvres, par l'abbé Maynard (t. II, p. 455).

' Lettre du 6 septembre 1769.

* Lettre à d^Argenlal, 5 janvier 1770.

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