‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 127 sur 348 · UN MANUSCRIT DU P. GROU · texte numérisé non relu

UN MANUSCRIT DU P. GROU

tion, plusieurs années durant, avec un succès des moins équivoques. Et cependant telle était la gêne que ne laissaient pas d'imposer à Bergier les devoirs de son nouvel état, qu'il fallut songer à lui fournir les moyens de se consacrer tout entier à la défense des intérêts religieux. Grâce aux actives démarches du prélat protecteur, l'Assemblée du clergé lui votera bientôt une pension de 2,000 livres, pension plus que doublée par les revenus adjoints d'un bénéfice, et c'est encore Beaumont qui , à la mort de l'abbé Clément, va lui donner accès à la cour, en le faisant agréer comme confesseur de Mesdames de Franco ^

Plus tard encore, le prélat devait confier au savant apologiste le manuscrit d'un ouvrage auquel il le chargeait de mettre la dernière main, pour le publier ensuite sous son propre nom. Ce manuscrit était l'œuvre du jésuite Jean-Nicolas Grou, lequel , après s'être employé, pendant quatorze ans de laborieuses recherches, à recueillir et à préparer des matériaux considérables, les avait tous remis aux mains de Christophe de Beaumont. Celui-ci, paraît-il, les fit passera Bergier qui, sans en connaître l'auteur et avec plein consentement de l'archevêque, aurait mis largement à profit ces importantes notes dans son Traité dogmatique de la vraie religion *. Pour s'expliquer une façon d'agir si en dehors

1 « Sur ce que M. l'archevêque de Paris fut mandé à Versailles dans les derniers jours de mars, on croyait que le roi allait lui confier la feuille des bénéfices ; mais c'était pour lui faire nommer un confesseur à Mesdames do France à la place de feu Tabbé Clément. Le prélat a chargé do celte fonction le savant abbé Bergier, célèbre par plusieurs excellents ouvrages contre les incrédules. » (Clef du cabinet des PrinceSy mai 1771, p. 340.)

1 Pour ce qui touche à la discussion de ce point délicat, on consultera avec profit la notice que le P. Cadrés a mise en tète de la seconde édition de V Intérieur de Jésus et de Marie, par le P. Grou (Palmé, 186C).

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