‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 129 sur 348 · CONSEILS DE L ARCHEVÊQUE AUX RELIGIEUX · texte numérisé non relu

CONSEILS DE L ARCHEVÊQUE AUX RELIGIEUX

d'avouer sur ce point leur ignorance. Inutile de nous attarder davantage à l'incident.

Ce qui nous a conduit tout à l'heure aux rapports de Bergier avec l'archevêque de Paris, c'est le débordement de ces drames suspects où maint auteur s'appliquait à transporter sur la scène des allusions plus ou moins offensantes pour nos dogmes, pour l'honneur du sacerdoce catholique et de la vie des cloîtres. Il est temps de considérer dans quelle mesure cet honneur même de ses religieux et de ses prêtres imposait au pieux prélat le soin de rappeler les uns et les autres à leurs austères devoirs.

Rien, à vrai dire, ne saurait donner l'idée du scrupule jaloux avec lequel il voulait qu'on gardât intacte une réputation de vertu, qui, selon son expression, « ne doit même pas être soupçonnée. » Aussi, dans la visite officielle que les supérieurs des divers ordres lui rendirent au commencement de l'année 1769, rompant avec les banalités d'usage, insista-t-il fortement pour qu'on ne permît point aux religieux d'aller en ville sans leurs compagnons. A l'objection qui lui fut faite que certaines fonctiops du ministère pourraient souffrir de cet assujettissement, il alla jusqu'à faire entendre que mieux leur vaudrait, dans telle circonstance donnée, « n'avoir point de fonctions à remplir hors de chez eux ^ ». — On eût dit le commentaire pratique du mot de Tertullien : Pudicitiœ chfistianœ saiis non est esse, veriwi et videri 2.

Mais un acte déplorable, dont les suites devaient être

^ Cf. Journal politique de 1769, 2^ quinzaine de janvier, p. 57. * De euUu fœminarum^ 1. 11^ cap. xiii.

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