‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 130 sur 348 · UNE REQUÊTE DE MOINES · texte numérisé non relu

UNE REQUÊTE DE MOINES

bien funestes, jetait depuis quelque temps la discorde au sein des cloîtres, malgré les constants efforts de Tarchevêque pour en amortir l'éclat ^ Voici à guelle occasion.

Vingt-huit religieux de l'abbaye de Saint-Germain des Prés avaient adressé au roi, le 15 juin 1765, une longue requête dans laquelle ils ne se bornaient pas à signaler les quelques abus qui pouvaient s'être glissés dans l'administration de leur monastère, mais en venaient à demander une législation nouvelle, un vêtement nouveau et des observances mitigées sur toute la ligne. Le scandale fut grand. L'Assemblée du clergé, qui tenait alors ses assises, s'en émut ajuste titre, et Christophe de Beaumont provoqua sur l'heure des réclamations énergiques. Les Bénédictins des Blancs- Manteaux protestèrent les premiers avec vigueur, non sans témoigner publiquement leur reconnaissance à l'archevêque et au clergé pour le concours qu'ils venaient de prêter à la discipline religieuse.

En vain les auteurs de la triste requête s'étaient-ils avisés d'en expédier copie à toutes les maisons de leur congrégation; les adhésions qu'ils sollicitaient, fet sur lesquelles Us se croyaient en état de compter, n'osèrent manifestement pas se produire devant l'improbation générale qui accueillait cette indigne pièce. Beaumont voulut profiter de la mésaventure pour amener les dissidents à reconnaître leurs torts. L'explication qu'ils lui fournirent était trop équivoque pour paraître suffisante. « Le prélat ne leur dissimula point que leur requête

« J'emprunte quelques-uns de ces détails, en les abrégeant, au 'récit lrè3 étendu de Picot dans ses Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique (t. IV, p. 172).

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