ÉCLATS SCANDALEUX
avait occasionné un scandale, et que, quand ce scan* dale ne serait pas donné, des chrétiens, des religieux, des prêtres, ne devaient rien omettre pour le faire cesser. Alors ils proposèrent de signer une formule de désistement conforme à cette même explication. L*arçhevêque la rejeta, et leur présenta une formule très courte où ils rétractaient leurs signatures. »
Tous signèreiit, le 13 juillet, mais leur conduite postérieure prouva bien qu'en rétractant la requête ils n'avaient pas changé d'avis. Force fut à l'archevêque d'obtenir des ordres du roi pour empêcher, pendant la tenue du chapitre général en septembre 1766, les partisans quand même de la mitigation d'abolir divers articles de la règle. Nous ne dirons rien de ces débats orageux qui tournèrent mal pour plusieurs. Joseph Pei'nety, l'un des plus obstinés, quitta la congrégation, en dépit de l'autorité du prélat qui mit tout en œuvre pour le ramener au devoir; il s'enfuit même jusqu'à Berlin , où Frédéric II, l'affublant d'un titr% « d'abbé m partibus », le nomma bibliothécaire à sa solde.
Ces éclats scandaleux, qui désolaient l'âme de Beaumont , allaient au tempérament du roi de Prusse non moins qu'à celui des philosophes, ses complices, et encourageaient leurs communes espérances.
Il s*agirait de détruire les cloîtres, mandait Frédéric à Voltaire, au moins de commencer à diminuer leur nombre. Ce moment est venu, parce que le gouvernement français et celui de l'Autriche sont endettés, qu'ils ont épuisé les ressources de l'industrie pour acquitter leui's dettes sans y parvenii*. L'appât des riches abbayes et des couvents bien rentes est tentant. En leur représentant le mal que les cénobites font à la population de leurs États, ainsi que l'abus du grand nombre des cucidlati qui remplissent les provinces, en