‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 137 sur 348 · LE VISA PARLEMENTAIRE · texte numérisé non relu

LE VISA PARLEMENTAIRE

tement sa bulle à Louis XV. Ce prince, assez empêché parla nouveauté- du fait, manda secrètement Christophe de Beaumont pour prendre son conseil.

Le prélat, plus résolu que jamais à ne pas reconnaître les empiétements de Tautorité civile en matières spirituelles, déclara dès Tabord que sa conscience lui permettait d'autant moins d'adhérer à ce visa des magistrats séculiers, qu'il était sans exemple qu'une bulle du pape arrivât aux évéques par une autre voie que celle du nonce. « Je priverai, ajouta-t-il, les fidèles de Paris de la grâce du jubilé, plutôt que de la leur communiquer souillée du visa parlementaire. » L'archevêque renouvela publiquement cette déclaration, et son exemple, au rapport de Theiner, fut suivi par ses nobles collègues *.

Mais tandis que les gens de loi sont occupés à compulser les vieux registres pour dépister des antécédents, le bruit court que Louis XV veut tout concilier en envoyant lui-même la bulle aux prélats du royaume, avec une lettre - circulaire dans laquelle il déclarera

qu'on n'aa*ien trouvé dans la pièce pontificale qui parût contraire aux droits du trône ou de la nation ^. Misérable satisfaction donnée à l'omnipotence de l'État, et à laquelle ne jugèrent devoir s'opposer, cette fois, ni le nonce ni les évoques.

Beaumont néanmoins, persuadé que de tels tempéraments reculent la difficulté sans la résoudre, insistait pour que le roi n'hésitât pas à casser l'arrêt du 26 février 1768 qui défendait d'introduire en France aucun acte

1 Hiitoire du pontificat de Clément XIV, t. I, p. 451.

^ Journal politique de 1770, 2<^ quinzaine de mars, p. 51.

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