UN ELOGE DE L ARCHEVÊQUE
de la cour de Rome sans autorisation. Il reviendra bientôt à la charge et sera momentanément plus heureux ; mais de grands événements se seront accomplis dans rintervalle.
En attendant, le chancelier de l'Université ne craignit pas, en pleine séance publique, de comparer l'intrépide prélat au très glorieux archevêque de Gantorbéry, saint Thomas Becket. L'éloge était mérité à certains égards, mais il gênait trop d'amours-propres pour paraître au goût de chacun. « Ce parallèle, est-il dit dans les Nouvelles à la main, n'a pas plu à tout le monde. On a trouvé que ce n'était pas le temps de rappeler la fermeté, ou plutôt l'opiniâtreté d'un prélat, qu'on convient aujourd'hui avoir porté un peu loin les prérogatives ecclésiastiques contre les droits de la royauté *. »
L'heure n'était pas éloignée pourtant où Louis XV allait se voir forcé de défendre ces droits du souverain contre la faction même qui imputait à l'archevêque de les avoir mis en péril. Nous ne rappellerons de cette grave affaire que ce qui suffit à expliquer l'attitude prise par Beaumont dans les incidents relatifs au parlement Maupeou.
On connaît l'origine du conflit. Ce fut au milieu de l'effervescence produite par le procès politique du duc d'Aiguillon. Le roi, qui voulait sauver ce personnage, suspendit la procédure commencée contre lui par les magistrats acharnés à sa perte. A ce coup d'autorité du roi, le Parlement répondit par un coup d'État judiciaire et condamna le duc d'Aiguillon, sans plus l'entendre qu'il n'avait fait précédemment les Jésuites. Pour pré-
1 Bachaumont, 21 février 1770.