SON ZÈLE POUR LES INTÉRÊTS CATHOLIQUES
moins à la reprocher, et dont il faudrait au contraire , paraît-il, admirer en cette rencontre « le sens politique profond*». J'ai nommé Voltaire. Laharpe, qui ne fut pas alors sans avoir maille à partir avec Beaumont, nous a même conservé là-dessus un quatrain assez plaisant qui vise le parlement Maupeou :
Retirez- vous, troupe éphémère , Ne profanez plus le palais :
Vous n'emportez que les regrets De l'Archevêque et de Voltaire*.
« C'est la première fois, peut-être, remarque-t-il, que ces deux noms ont été mis ensemble, et c est la seule fois qu'ils pouvaient être bien accouplés^. »
Je conviendrai également que Beaumont fit de son mieux pour tirer parti , au profit des intérêts catholiques, de ce qu'on appellerait de nos jours « la réaction cléricale ». L'évêque d'Amiens venait d'écrire : « J'espère que l'Église sera plus libre dans son ministère et que le zèle pour la religion ne sera plus persécuté* ». L'archevêque de Paris donnait raison à son saint ami en obtenant du roi le rappel de tous les prêtres bannis ou décrétés depuis quinze ans.
Mais c'est être injuste envers ce grand prélat de sup-
t Revue polilique et lilUraire, G avril 1878, p. 938.
' C'est bien de Voltaire qu'on peut dira qu'il se mit absolument « au service du chancelier ». Voir les pièces à l'appui dans Desnoiresterres : Voltaire et Geriève, p. 385.
' Correêpondanee littéraire de Laharpe, t. I, p. 80 (édition de l'an IX}. — Laharpe écrivait ces lignes le 4 février 1775 , après le rappel des anciens parlements.
* Histoire de M. delà Motte, par labbé Delgove, p. 394.