‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 141 sur 348 · RAPPEL DES PRETRES BAKNI · texte numérisé non relu

RAPPEL DES PRETRES BAKNI

poser qu'il avait attendu cette « réaction » pour plaider en haut lieu la cause de son clergé. Je lis dans le journal de Hardy que, dès les premiers jours de janvier 1770, Beaumont avait fait visite au chancelier de l'ancienne magistrature, pour solliciter une amnistie qu'on ne voulait lui accorder qu'à des conditions, déshonorantes. S'il faut, en effet, s'en rapporter au dire du chroniqueur parisien, on exigeait du prélat deux choses également indignes : qu'il renvoyât le formulaire à Rome, d'où il était venu, qu'il fît rayer des registres de la Sorbonne la condamnation d'Antoine Arnauld *. Une déclaration royale du 15 juin 1771 vint consoler l'archevêque, en mettant un terme à la longue persécution qu'avaient amenée les refus de sacrements -.

Peut-être y vit-il, comme d'autres, un acheminement à la restauration des Jésuites de France , car il n'était bruit que de les entendre déjà se pourvoir au nouveau Parlement et demander la révision de leur procès. Nous apprendrons tout à l'heure comment Beaumont fut trompé, de ce côté-là, dans son espoir.

Une de ses bonnes fortunes du moment avait été d'obtenir les lettres patentes du 18 janvier 1773, par lesquelles fut suspendue l'exécution des arrêts soumettant tout acte émané de la cour de Rome au visa de la magistrature civile ^ Je n'ignore point que, sur les observations de quelques cabinets étrangers, ces lettres

i Notes du 11 janvier illO {Biblioth, nat., section des mss., no 6,680).

' Le Parlement, il est vrai, fut rétabli dans les premiers mois du règne do Louis XVI, mais le mouvement des esprits se porta sur d'autres points, et d'ailleurs le nombre de ceux qui avaient pris une part publique à l'appel de la bulle Unigenitm diminuait de jour en jour.

* « C'était M. l'archevêque de Paris qui, saisissant l'occasion de la dispersion du Parlement, avait sollicité cette déclaration ; et à peine l'eut-il oble-

ESPÉRANCES t^RKMATUREES. 191

furent révoquées par une déclaration du 8 mars , qui donnait en somme gain de cause au Parlement ; mais le confiant archevêque, tout entier alors aux avantages qu'il croyait devoir revenir à l'Église, grâce à tant de changements inespérés, répétait volontiers qu'il ne lui restait plus qu'à chanter le cantique de Siméon et à mourir *.

On répandit, vers le même temps , un nouveau portrait de Beaumqnt, dessiné par Antoine Duhamel , que M. Foret, avocat au Parlement , voulut orner de cette légende flatteuse :

Ses mœurs, sa chaiité, ses travaux et son zèle. Tout dans cette grande âme est pur comme sa foi .* Prélat incorruptible et citoyen fidèle , Il ne connaît que Dieu, ses devoirs et son roi.

. Les esprits optimistes n'en célébrèrent que plus fort «l'alliance du Sacerdoce et de l'Empire ». Mais il fallut vite en rabattre , et Mgr de la Motte se fera l'écho d'un grand nombre, quand il écrira : « L'épiscopat en France est une vraie servitude, et les libertés de cette Eglise ne consistent qu'à donner aux enfants de l'autorité sur leur père. Les évêques sont des esclaves, pour leur ministère, sous l'autorité des magistrats séculiers -. »

Pendant que se passaient les événements que nous venons de rappeler, un incident d'un autre ordre s'était

nue quUl publia la bulle de canonisation de sainte Jeanne de Chantai, bulle quUl tenait en échec depuis plusieurs années, ne voulant point qu'elle fût visée aux tribunaux laïques. » (Nouvelles ecdésicutiques de 1774, p. 163.)

i Mémoires de Regnaut, t. I, p. 253.

* Lettre du 23 novembre 1772 (Archives de Saint-Achoul).

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