‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 143 sur 348 · MOTIFS QUI L Y AMÈNENT · texte numérisé non relu

MOTIFS QUI L Y AMÈNENT

émotions de la tendresse du père : « Si Dieu me la demande, je ne puis la refuser... Monsieur Farchevêque, je répondrai dans quinze jours. »

Le 16 février, Tabbé du Ternay, confesseur de Madame Louise, lui remettait un pli cacheté où elle lut ces lignes à travers ses larmes : « M. Tarchevèque, chère fille, m'ayant rendu compte de ce que vous lui avez dit et mandé, vous aura sûrement rapporté exactement tout ce que je lui ai répondu. Si c'est pour Dieu seul, je ne puis m*opposer à sa volonté et à votre détermination *. » — « Moi carmélite et le roi tout à Dieu, quel bonheur ! s'était écriée la princesse ravie... Après cela , qu'aurai-je à désirer , sinon mourir, et mourir carmélite, et laisser ici-bas toute ma famille dans le chemin du ciel f »

Madame Louise nous ouvre ici son cœur et livre tout le secret de sa vie du cloître. C'est pour le roi qu'elle s'offre en victime d'expiation, c'est le salut du roi qu'elle va solliciter derrière les grilles d'un humble couvent; car les malheurs domestiques dont Louis XV vient d'être coup sur coup trappe n'ont réveillé que pour un jour, dans cette âme que la foi disputait au libertinage, l'écho des enseignements d'une jeunesse chrétienne et pure.

On put croire un moment, en effet, que l'ange passé des pompes de la cour aux austérités du Carmel relèverait par son sacrifice l'âme d'un père demeuré, malgré tant de torts, l'objet de ses plus ardentes tendresses ; mais le doute fut court et l'interrègne bientôt terminé. « Tant il y avait d'intérêts inquiétés par une semblable

^ Annales tn$s. du Carmel de Saint- Denis,

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