‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 144 sur 348 · RUMEURS DONT ELLE EST L*OBJET · texte numérisé non relu

RUMEURS DONT ELLE EST L*OBJET

perspective de conversion, tant il se fit d'efforts pour fermer devant un roi bientôt sexagénaire la porte du repentir et pour lui rouvrir celle des voluptés * ! »

On n'en dira pas moins que Madame Louise n'a obéi, dans une détermination de cette importance, qu'à l'influence déclarée de Christophe de Beaumont et à Tascendant secret que les prêtres exerçaient depuis longtemps sur son esprit. C'est ainsi qu'on accusera, sous peu, l'archevêque de Paris, d'aider le chancelier Maupeou à entraîner la princesse dans mille « objets d'intrigue^ », comme on avait accusé celle-ci de peser auprès du pape pour l'engager à dissoudre le mariage de madame du Barry, afin de « la mettre à même d'épouser le roi ^ ».

Et ce ne sera pas la fin des rumeurs. Car on veut absolument que l'archevêque, le chancelier et la carmélite s'arrangent de compagnie pour amener le prince à contracter de nouveaux liens devant Dieu, tantôt avec l'archiduchesse Marie-Élisabeth, sœur de l'empereur, tantôt avec cette jeune veuve qui a nom princesse de Lamballe, et dont le sort doit être un jour si douloureux.

Certes, le clergé ne se montra pas indifférent au noble exemple donné par la fille de Louis XV, et plus d'une chaire retentit des éloges du grand sacrifice qui venait de surprendre et d'édifier la France entière. Le pape Clément XIV ne s'était-il pas empressé de lui envoyer ses félicitations dans un bref spécial, tandis que,

ï La monarchie française au dix -huitième siècle, par le comte de Carne, p. 4G3.

' Lettre du comte de Mercy-Argenteau à Marie-Thérèse, 29 février 1772. * Lettre du baron Pichler à Mercy-Argenteau, 4 décembre 1771.

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