ACCUSATION MAL FONDÉE
En vain Bernis proteste à Rome contre une imputation sans fondement * ; il n'y gagnera que d*être de nouveau soupçonné de trahir là-bas nos intérêts, « en ne secondant point les intentions du ministère par rapport à l'entière dissolution des Jésuites ». Peu s'en faut qu'on ne parle, comme en 1770, de lui substituer « quelqu'un de plus zélé^ ». Mais Bernis est homme à reprendre avec prestesse le dessus du vent, et c'est lui que le nonce du pape à Paris aura plus tard à mettre en garde contre les bruits perfidement semés, qui veulent faire de la princesse « la médiatrice » officieuse entre l'archevêque et la cour. « Pour ce qui concerne la médiation de Madame Louise, écrira Mgr Giraud, je suis assuré qu'elle n'y' entre pour rien, et que le roi ne lui parle d'aucune affaire ^. »
Ainsi en était-il, au reste, des recommandations analogues sur lesquelles plus d'un intéressé échafaudait ses rêves.
Mon parti est pris depuis longtemps, mandait la carmélite à des solliciteurs aux abois : en renonçant à tout, j'ai même renoncé à faire du bien aux autres... Ce que ma protection ne fera plus, j'espère le faire par mes prières; non par mes mérites, mais les mérites de Celui auquel je me suis consacrée. Il ne m'est pas possible de recommander tel ecclésiastique à Mgr l'archevêque. De ma vie je n'ai fait de recommandations qui tendissent à une cure, et vous sentez bien que ce n'est pas aujourd'hui que je commencerai. Tout ce que je puis faire, c'est de prier. — Gomme vous connaissez ma façon de penser, ajoutait-elle à l'abbé Bertin, vous avez bien fait d'assurer que je serais très fâchée de m'être mêlée d'évêché ni de
ï Dépèche du II février 1772, au duc d'Aiguillon. ' Journal de Hardy ^ 2 mars 1770.
" Dépêche secrète du 8 février 1773.