‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 149 sur 348 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Recrudescence dans la maladie de l'archevêque. — Il est élu prieur perpétuel des Pénitents-Bleus de Sarlat. — Restaurations regrettables dans la basilique de Notre-Dame. — Dévouement charitable de Beaumont dans le grand incendie de l'Hôtel-Dieu. — L'aumône de Marie- Antoinette. — La voix des pauvres de Marmontel et la comédie jouée par d'Alembert. — Philanthropie et charité.

Nous faisions allusion tout à l'heure aux infirmités de l'archevêque de Paris. Les premiers symptômes un peu sérieux se manifestèrent le 2 février '1771, au retour de l'office de la Chandeleur. Ils parurent assez graves pour que le médecin l'obligeât à se décharger temporairement du soin de l'administration diocésaine : lourd fardeau dont Beaumont portait à peu près seul tout le poids, depuis qu'il avait résolu de prendre sur lui la responsabilité pleine des actes officiels, afin de ne compromettre avec les parlements aucun de ses vicaires généraux. Force était donc de composer unjnouveau conseil, dans lequel il fit entrer l'évèque de Gydon, Hachette des Portes, que Louis XV appellera bientôt au siège de Glandé ves ^

On parlait d'une maladie incurable sur la nature de

i Ses autres vicaires généraux furent, avec Tabbé Thierry, chancelier de rUniversité, les chanoines Morin-Dumarais et Desplasses.

MALADIE DE l'ARCHEVÊQUE. 201

laquelle les avis restaient partagés. Quelques semaines de repos à Conflans lui ayant rendu des forces, Beaumont se crut en état de supporter les fatigues de la Semaine-Sainte ; mais, après avoir présidé, selon Tusage, à la bénédiction des rameaux dans Téglise Sainte-Geneviève , il dut bientôt rentrer à la campagne, d'où il ne revint à Paris, le samedi soir, que pour assister de sa stalle à la messe solennelle de Pâques.

Il y eut alors du répit dans les soufl&^nces du vénérable prélat jusque vers la fin de l'année. Dès les premiers jours de 1772, le bruit public était qu'une affection néphrétique venait d'être constatée, et le sieur Cochu, docteur régent de la Faculté de Paris, ne se cachait guère pour dire à qui voulait l'entendre que l'archevêque aurait encore « du haut et du bas » , mais qu'il ne tarderait pas à mourir « au milieu de douleurs aiguës* ».

Beaumont put néanmoins, le 2 février, officier à la messe du roi dans la chapelle du château de Versailles, en sa qualité de prélat commandeur de l'ordre du Saint- Esprit et à l'occasion de la fête des chevaliers de cet ordre. Contraint de nouveau à prendre un repos nécessaire, il l'interrompit, de la meilleure grâce du monde, pour permettre à ses chères filles de la Visitation de donner plus d'éclat aux fêtes célébrées en l'honneur de sainte Chantai, récemment élevée sur les autels.

Le mardi, 28 avril, il ouvrait la « neuvaine de jubilation », en chantant l'office pontifical dans leur chapelle de la rue Saint-Antoine, assisté de tout le chapitre de Notre-Dame et d'un nombreux clergé -. Beaumont était

ï Journal de Hardy ^ 20 janvier 1772.

^ Voici, à titre de curiosité, la lettre d'invitation envoyée au doyen du

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