CANONISATION DE SAINTE CHANTAL
d'autant plus jaloux de payer de sa personne en cette journée, que les jansénistes lui reprochaient depuis longtemps de retarder la solennité, uniquement par dépit pour « le visa » que le Parlement avait mis au bas de la bulle de canonisation ^
Mais les gens du parti, qui s'entêtaient à ne lui tenir compte de rien, le chicanèrent alors sur l'absence d'un mandement spécial pour, la circonstance, tandis qu'on le voyait si prodigue de ces sortes d'actes, dès qu'il s'agissait de « prendre la défense des Jésuites ou du schisme ». Ah! disait la gazette hargneuse, s'il eût été question « d'une Marie Alacoque^ de quelque pénitente du P. La Colombier e ou du P. Girard^ de quelque dévote du Sacré-Cœur » , il est à croire que le prélat « l'aurait célébrée avec enthousiasme ». Mais une sainte « qui, étrangère au pafrti des Jésuites, était amie de Port-Royal », se peut-il imaginer rien de « moins intéressant pour M. de Beaumont qu'un pareil sujet » ? Ce fut toujours, en effet, la prétention de ces pseudocatholiques de vouloir ranger le saint évêque de Genève
chapitre, le 7 mars 1772, par cette prieure du monastère de la rue Saint- Antoine, sœur Marie-Luce O'Donnoghue, dont le nom a déjà paru dans Thistoiro de l'archevêque.
Vive -j- Jésus
« Monsieur, — J'ose me flatter que vous voudrez bien agréer la requette que j'ai l'honneur de vous présenter avec l'homage respectueux de notre communauté, qui se joint a moi pour vous supplier, Monsieur, de vouloir bien engager votre respectable chapitre a honorer notre grande solanité de la canonisation de notre fondatrice ^^^ de Chantai, que nous espérons faire appres Paque ; notre vœux seroit de la commencer le lendemain de quasimodo, si ce jour convient a votre respectable corps ; d'apprez que vous nous aurez fait connoître vos intentions a cet égard , nous en ferons part à Mgr l'archevêque, qui a bien voulu nous promettre qu'il viendroit célébrer la grande messe. Je suis, etc.. » {Archives nationale, LL, 335'*.)
1 Nouvelles ecclésiastiques de 1768, p. 259.